Besoin de nature 

C’est souvent lorsque l’on est privé de quelque chose que l’on se rend compte de son importance. C’est peut-être ce que le confinement a permis de réaliser concernant le besoin de nature essentiel à tout être humain. Que l’on soit jeune ou vieux, bien portant ou malade l’accès à la nature, ou à un bout de nature pour ceux qui ne peuvent pas sortir, offre une réelle bouffée d’oxygène. La nature est une porte ouverte sur le vivant et donc un formidable terrain d’aventure et de découverte pour nos enfants.


Nous le savons l’enfant a besoin de sentir, de toucher, d’agir par lui-même pour apprendre et comprendre. Aucun écran, aussi performant soit-il, ne remplacera l’expérience de nature. Par contre la nature peut remplacer bien des écrans en terme de découverte, d’émotion, de plaisir, d’autonomie, d’estime de soi…

La nature est, à bien des égards, une école de la vie et elle est à la portée de tous dès que l’on décide de regarder dehors. Que l’on vive à la ville ou à la campagne, un regard avisé permettra d’observer l’oiseau qui niche sous ce toit, la colonie de fourmis qui file le long de ce trottoir, ou encore la trace laissée par la biche dans ce petit bois. Si l’on tend l’oreille on pourra entendre les stridulations du criquet, le bourdonnement de l’abeille, le gazouillement des oiseaux. Si l’on a l’âme d’un jardinier on pourra voir germer les lentilles, pousser les tomates, goûter les framboises, sentir la menthe fraîche. La nature est tout autour de nous du petit pot de fleur posé sur la fenêtre aux multiples paysages de nos villes et campagnes.

Si vous n’êtes pas encore convaincus de la nécessité de nature pour le développement harmonieux de l’enfant nous pouvons vous citer diverses sources qui en confirment l’intérêt. C’est le cas, par exemple, d’une étude auprès d’écoliers entre 7 et 12 ans, parue dans la très sérieuse revue PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences of the Unated States of America) qui atteste une amélioration du développement cognitif des enfants en lien avec la verdure environnante entre autre parce qu’elle favorise la réduction de la pollution atmosphérique, mais pas seulement. D’autres études montrent que la nature a des effets thérapeutiques sur les symptômes d’hyperactivité.

Globalement elle est associée à une meilleure santé mentale et physique. Elle diminuerait les risques de dépression et d’anxiété chez les enfants, augmenterait leur capacité d’attention et de mémorisation, leur curiosité et leur imaginaire.

Évoluer dans la nature développe aussi les capacités physiques des enfants. C’est ce qu’affirme le Dr Vicki Harber, professeure et chercheuse dans le domaine des activités physiques à la Faculté de kinésiologie, des sports et des loisirs de l’université d’Alberta (Canada) : « Le plein air est en général un mouvement impromptu et un environnement sensoriel, surtout si vous vous allez d’arbre en arbre dans la forêt, ou lorsque le terrain est moins régulier et prévisible. Lorsque les enfants ont la permission de bouger dans ces environnements et les explorer, cela augmente un bon nombre de leurs habiletés requises pour développer le savoir-faire physique. Cela contribue aussi à la résistance physique à un très jeune âge et renforce les défenses immunitaires ».

Pour elle, c’est aussi un vrai enjeu de santé publique. De plus en plus d’enfants sont en surpoids et leur niveau d’activités est souvent bas notamment pour ceux qui sont rivés sur les écrans.

La nature est un terrain d’aventure à leur portée à condition de les laisser agir librement et de ne pas stopper leur activité par des peurs inconsidérées. En effet, elle soulève un autre point celui du « tout sécuritaire » qui consiste à uniformiser les espaces pour protéger les enfants de tout problème. Elle insiste sur l’importance d’avoir beaucoup d’espaces ouverts sur la nature, où les choses sont imprévisibles et où il est difficile d’éviter un genou éraflé ou de se salir un peu. Elle rappelle que « lorsque les enfants ont le droit de sortir, ils bougent plus et leurs mouvements sont plus intenses. Ils participent alors à beaucoup plus d’activités de modérées à vigoureuses de leur propre chef ». De plus les activités dans la nature les aident à apprivoiser leurs peurs, à développer leur autonomie et leur capacité à prendre des risques mesurés. Cela participe à la construction de l’estime de soi et à la confiance en soi de l’enfant.

Bref la nature est une source d’expérimentations et de savoirs dont il ne faut pas s’exclure pour le plus grand bien de nos tous petits. La mer, la montagne, les forêts, les lacs, les rivières offrent une diversité de faune et de flore qui changent au fil des saisons. Un proverbe scandinave dit qu’il n’y a pas de mauvais temps, il n’y a que des mauvais vêtements. Alors n’hésitez plus ! Armez-vous de chapeaux s’il fait chaud ou de bottes et parkas s’il pleut et partez à l’aventure juste à côté de chez vous.

Bonne promenade …

Sources :
https://www.pnas.org/content/112/26/7937.abstrac t

https://activeforlife.com/fr/dre-vicki-harber-pourquoi-vos-enfants-ont-besoin-de-la-natur e/

Un commentaire sur “Besoin de nature 

  1. Pasquet jean Répondre

    Bravo Valérie et à toute ton équipe , textes magnifiques et photos superbes . Le festival aura surement lieu on l’espère , sinon ce serait gravissime . Nous sommes toujours fermés on espère rouvrir début Juin , je viendrai te dire un petit bonjour Bises là on ne risque rien !!!

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