Gare aux morsures

Après la rudesse de l’hiver arrive le printemps. Le blanc laisse la place aux couleurs chatoyantes de la flore de nos territoires.  La chaleur succède au froid et l’envie est grande pour tout un chacun de se balader en forêt, de se réunir autour d’un pique-nique dans les parcs et les champs, d’entretenir son jardin. Durant cette saison tout semble reprendre vie sous nos yeux. Les oiseaux gazouillent, les papillons butinent les fleurs mais parmi toute cette faune connaissez-vous les Ixodidés ? 

Plus communément connue comme la tique cet acarien parasite qui atteint 3mm à l’âge adulte se tapit dans les hautes herbes, les zones boisées et humides afin de s’agripper à la peau de son prochain hôte dont le sang lui servira de repas. Elle ne prend que trois repas au cours de son existence ce qui correspond aux trois phases de son développement :  la larve, la nymphe et l’adulte.  Parmi ses hôtes il y a les oiseaux, les reptiles mais aussi les mammifères comme l’homme, le chien, le chat.

Si sa morsure est indolore elle n’est en revanche pas sans potentielles conséquences.  En effet la tique est vectrice de nombreuses maladies comme la maladie de Lyme causée par des bactéries du genre Borrelia. Bien que toutes les tiques ne soient pas infectées on assiste depuis 30 ans à une recrudescence du nombre de malades dans l’hémisphère Nord. D’après les travaux de l’écologue Lisa Couper présentés en décembre 2019 à l’American Geophysical Union Fall Meeting de San Francisco le changement climatique, c’est-à-dire la hausse des températures notamment en hiver à un impact direct sur le cycle de vie de la tique.  En France les autorités sanitaires prennent très au sérieux les maladies transmissent par les tiques puisque en 2016 est créé le Plan National de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmises par les tiques. Les objectifs de ce plan de santé public sont de renforcer l’information de la population et des professionnels de santé pour prévenir l’apparition de nouveaux cas, d’améliorer le diagnostic et la prise en charge des malades et de mobiliser la recherche.  Si cette maladie n’est pas traitée des signes neurologiques peuvent apparaitre quelques semaines ou années après la morsure comme la paralysie du visage, l’atteinte des nerfs, du cerveau ou des articulations.  

 

Doit-on pour autant cesser de profiter de la nature, de son jardin par peur des tiques ?  Il convient avant tout d’être prudent et de suivre notamment les préconisations de l’Agence Régionale de Santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine afin d’éviter les piqûres de tiques lors d’activités en plein air : 

 

 

Une fois de retour chez vous ou après avoir entretenu votre jardin il faut scrupuleusement examiner son corps. Les zones les plus exposées sont les endroits chauds et humides : pli des genoux, aisselles, organes génitaux, cuir chevelu. Cet examen doit s’effectuer pendant plusieurs jours.  Lavez vos vêtements à 60° et prenez une douche. 

En cas de morsure par une tique vous devez la retirer. Pour cela munissez-vous d’un tire-tique que vous trouverez en pharmacie. Le retrait se fait d’un simple geste et est indolore. Une fois retirée vous pouvez tuer la tique en la mettant dans un sac de congélation en s’assurant qu’il soit bien hermétique. Elle va mourir au bout de quelques jours. Vous pouvez également la recouvrir entièrement d’alcool à 90 degrés ou avec de l’eau de javel. Surveillez-la afin qu’elle ne s’échappe pas. N’essayez en aucun cas de l’écraser car elle pourrait libérer ses bactéries. Une fois morte jetez-la dans les toilettes et désinfectez-vous immédiatement les mains.

Vous devez impérativement surveiller la zone de morsure pendant plusieurs semaines. Si vous avez des symptômes ou si apparaît une plaque rouge, centrée sur le point de morsure et qui s’étend (érythème migrant) en cercle alors il faut consulter très rapidement un médecin. Après diagnostic celui-ci pourra vous prescrire un traitement adapté. 

N’oubliez pas que les tiques sont actives d’avril à novembre et vivent dans des milieux humides comme les forêts, les bois, prairies, jardins. Restez donc vigilants lors de vos activités en extérieur. 

Stéphane Velia

 

Sources : 

https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-infectieuses/maladie-de-lyme, consulté le 13/05/2020

https://www.nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr/maladies-transmission-vectorielle, consulté le 13/05/2020

https://sciencepost.fr/le-rechauffement-des-hivers-responsable-dune-hausse-des-cas-de-maladie-de-lyme/ , consulté le 13/05/2020

http://servicedediagnostic.com/wp-content/uploads/2015/06/labo_parasito_tiques.pdf , consulté le 13/05/2020

https://fr.wikihow.com/tuer-une-tique, consulté le 20/05/2020
https://www.santemagazine.fr/sante/maladies/maladies-infectieuses/maladie-de-lyme/5-choses-a-savoir-sur-les-tiques-188553, consulté le 20/05/2020

 

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